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mardi 20 février 2018

Lagos-Alger-Tunis: 9500 km, la route transsaharienne en voie d’achèvement

Un tronçon route transsaharienne en Algérie

C’est un projet très ambitieux qui a débuté dans les années 60 et qui devrait être achevé cette année. La route transsaharienne doit desservir six pays du Sahel et du Maghreb. A la croisée de deux grands corridors transafricains Alger-Lagos et Dakar-Djibouti, identifiés comme prioritaires dans le développement des infrastructures en Afrique à l’horizon 2020.

Faciliter les échanges entre le nord et le sud du Sahara, c’est l’objectif principal de la Transsaharienne. Un projet interafricain initié par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique. Cette route longue de 9.500 km est composée de quatre branches reliant Alger et Tunis à quatre capitales sub-sahariennes: Bamako, Niamey, N’Djamena et Lagos.

Il s’agit d’un projet stratégique majeur pour tous ceux qui veulent commercer avec l’Afrique, assure le Secrétaire général du comité de liaison de la route transsaharienne, l’Algérien Mohamed Ayadi.

«Dans ses échanges avec le monde extérieur, l’Afrique doit recourir aux ports à hauteur de 80%. Par contre, sur le plan intérieur, les échanges dans presque tous les pays passent par la route. C’est dire toute l’importance de ce projet dans le développement des échanges sur le continent», explique-t-il dans un entretien avec Radio Algérie.

Combler le retard en matière de transport

Un véritable plan Marshall routier qui vise à désenclaver plus de 400 millions d’Africains, répartis sur plus de 6 millions de km2. La Transsaharienne permettra aux pays enclavés du Sahel, notamment le Tchad, le Niger et le Mali d’avoir un accès direct à la Méditerranée. C’est une avancée majeure pour l’Afrique qui a accumulé beaucoup de retard en matière de transport.


«Il y a en Afrique à peine 600.000 km de routes revêtues. L’Afrique ne compte que 50 ports sans capacité suffisante pour accueillir de grands navires transportant  beaucoup de marchandises. Il y a un million de kilomètres de chemin de fer dans le monde dont 3% seulement se trouvent en Afrique», explique Mohamed Ayadi.


La Route Transsaharienne s'étendra sur 9400 kms

La route transsaharienne doit desservir six pays du Sahel et du Maghreb. Elle est financée par 
les pays concernés et des bailleurs de fonds dont la Banque africaine de développement et 
la Banque islamique de développement. © Capture d'écran /DR


Il s’agit donc d’un corridor vital pour les pays ouest-africains qui vont pouvoir bénéficier d’une ouverture sur les ports de la Méditerranée via le réseau routier algérien. L’Algérie qui a été le premier contributeur avec un investissement estimé à 3 milliards de dollars pour le financement du tronçon de 1700 km situés sur son territoire. Le Nigeria a aussi finalisé la totalité de sa section longue de 1130 km. Tout comme la Tunisie où la Transsaharienne s’étendra sur 900 km.

«Si vous prenez l’axe Alger-Lagos de 4600 km, il est pratiquement terminé. Il ne reste plus que 200 km en cours de travaux au Niger. Au Tchad, les travaux sont en cours. Mais au niveau du Mali, le programme a pris du retard.»

Dans la partie malienne, il reste encore 700 km en piste. En plus des problèmes financiers qu’il partage avec les autres pays, le Mali fait face à des problèmes sécuritaires qui ne facilitent pas l’avancement des travaux.

Les coûts du transport seront extrêmement réduits
A son achèvement, la Transsaharienne s’étendra sur près de 9500 km. Grâce à ses ramifications, son axe central Alger-Lagos traversera le Niger, le Mali, le Tchad et la Tunisie. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives dans les échanges entre le Maghreb et le Sahel. Avec des coûts de transport extrêmement réduits.

«En dehors de l’Afrique du Sud et deux ou trois autres pays, le coût du transport en Afrique varie entre 30 et 50%. C’est monumental. Alors que dans les pays développés, il est tout juste à 8 et 9%», précise le président du comité de liaison de la route transsaharienne.

Mohamed Ayadi reconnaît que la Transsaharienne ne viendra pas résoudre tous les problèmes du transport entre l’Afrique du Nord et les pays du Sahel. Mais il est convaincu que cette autoroute Nord-Sud contribuera à accélérer l’intégration des six pays traversés. En attendant que le continent envisage d’investir dans le chemin de fer.

«La comparaison entre le chemin de fer et la route est que la route peut faire le porte-à-porte. Le rail n’est économique que s’il transporte des quantités très grandes sur des distances très grandes. En fait, il est lié à l’importance des échanges. Il faut que ça se justifie économiquement pour aller vers le rail. Nous n’en sommes pas encore là, mais cette volonté existe de se tourner vers le rail à long terme.»


La Route Transsaharienne sur tronçon algérien
Le tronçon algérien est long de 1700 km. L'algérie l'a financé à hauteur de 3 milliards de dollars. ©


L'insécurité dans la région pose problème
Combien de voitures enregistre-t-on aujourd’hui sur les axes déjà ouverts de la Transsaharienne? A peine 120 véhicules par jour entre l’Algérie et le Niger dont la frontière fermée n’est ouverte que ponctuellement chaque semaine, indique Mohamed Ayadi.

«Par contre, sur la Transsaharienne entre le Niger et le Nigeria, c’est plus de 600 véhicules par jour. C’est-à-dire que les échanges entre le Niger et le Nigeria sont beaucoup plus importants qu’ils ne le sont entre le Maghreb et l’Afrique au sud du Sahara», déplore-t-il, avant d’ajouter que le contexte actuel fausse les données.

«On ne peut pas en tirer des enseignements. Parce que la situation sécuritaire dans la région fausse les problèmes», plaide-t-il. Pour lui, c’est une question de temps. Il espère que les échanges vont s’accélérer dès que les problèmes sécuritaires dans la région seront résolus.


Par Martin Mateso - Source de l'article Géopolis FranceTV

Un forum économique international prévu à Alger en 2018


Selon Saida Neghza, ce forum réunira les plus importantes organisations patronales de la Méditerranée et de l’Afrique ainsi que l’Organisation Internationale du Travail, le Bureau International du Travail et l’Organisation Internationale des Employeurs.

La présidente de Businessmed et de la CGEA, Saida Neghza a annoncé aujourd’hui, à l’issue d’une rencontre avec le directeur General de l’Organisation Internationale du Travail, Guy Rider, la tenue à Alger d’un forum économique international au cours du deuxième semestre de l’année en cours. Ce forum, a-t-elle indiqué, réunira les plus importantes organisations patronales de la méditerranée et de l’Afrique ainsi que l’Organisation Internationale du Travail, le Bureau International du Travail et l’Organisation Internationale des Employeurs.

L’objectif de cette rencontre est, selon elle, d’encourager et multiplier les partenariats productifs qui permettront aux opérateurs économiques algériens, méditerranéens et africains d’identifier des projets d’investissement dans de multiples secteurs ». « L’ambition de ce forum est non seulement de mettre en relation les entreprises présentes à cet événement mais surtout de les accompagner jusqu’à la signature d’accord de partenariat durant les rencontres B2B », a ajouté Saida Neghza.

Le forum Economique international qui se tiendra à Alger s’inscrit par ailleurs, dans le cadre de son plan d’action qui vise notamment de renforcer les coopérations Nord-Sud, à promouvoir et développer l’esprit de l’entreprenariat chez les femmes en Afrique afin qu’elles atteignent une autonomisation économique et sociale et développer des politiques favorisant le développement de l’investissement et la création d’entreprises ainsi que l’amélioration des conditions des travailleurs en Afrique et en Méditerranée afin de réduire le taux de chômage dans ces régions et stopper le flux migratoire vers les pays du nord .
Par Amar Ingrachen -Source de l'article Maghrebemergent

La Tunisie, un pivot régional pour la France

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Après la Chine, c’est à la Tunisie qu’Emmanuel Macron a consacré sa deuxième visite d’État, les 31 janvier et 1er février. Un cadre solennel pour jeter les bases d’une relation rénovée et innovante entre la France et la Tunisie.

« Nous ne vous aiderons pas en tant qu’ami ordinaire ou ami proche, nous vous aiderons en tant que frères et sœurs », a assuré Macron devant les députés tunisiens. Une fraternité qui a pour gènes communs des liens séculaires adossés à une histoire et à un espace euroméditerranéen. Elle se traduit par un soutien de 500 millions d’euros sur la période 2020-2022, en sus des 1,2 milliard mis à disposition de la Tunisie de 2016 à 2020 et d’un décaissement de 80 millions d’euros pour financer des projets, sans oublier 30 millions de reconversion de la dette en projets de développement.

Dans un moment de vulnérabilité politico-économique, les Tunisiens n’en attendaient pas moins de leur premier partenaire. Mais « l’élan compassionnel de la France envers la Tunisie ne s’est pas traduit en actes économiques concrets », déplore l’ancien ministre de l’Économie Hakim Ben Hammouda. L’économiste Ezzeddine Saïdane nuance : « Les chiffres présentés ne sont pas de l’investissement mais du financement. Le problème n’est pas dans les intentions mais dans les capacités de la Tunisie à mettre en œuvre les accords. »

Un point d’ancrage au Maghreb

Pour Macron, il n’est pas question de chiffres mais de la coconstruction d’un rapport de confiance. Pas de promesses qui ne seront pas tenues, comme celle de la mise en place d’un Haut Conseil de coopération faite par Hollande ou d’un accord sur les migrations proposé par Nicolas Sarkozy, mais quatre feuilles de route bilatérales. Le chef de l’État français entend faire de la Tunisie, ce « modèle de démocratie », un coéquipier, un pivot régional. « À cette aune, on se serait attendu à une annonce forte sur un partenariat stratégique conférant un statut spécial à cette démocratie et qui se serait démarquée de l’agenda strictement européen », commente Mehdi Taje, professeur de géopolitique.

En effet, en axant son soutien sur la sécurité, l’éducation, les jeunes et le genre, Macron est dans le droit fil de la politique européenne en Tunisie. Il s’en fait le porte-drapeau. Conscient des menaces que projette la rive sud – les incertitudes algériennes, le trou noir libyen qui exacerbe les rivalités extra-européennes et européennes, notamment avec l’Italie –, Macron voit la Tunisie comme un point d’ancrage au Maghreb et dans l’espace euroméditerranéen.

Pour renforcer ce cap politique, il a reconnu que l’intervention de la coalition occidentale en Libye a été une erreur. La déstabilisation de la Libye a porté un préjudice considérable, notamment économique et sécuritaire, à la Tunisie. Et il le sait : « Notre sécurité dépend de votre avenir. »

L’omniprésente question de l’immigration

La problématique est devenue commune et prioritaire. Ce n’est pas un hasard s’il appelle à une stabilité régionale depuis le seul pays à n’avoir aucun différend avec les 53 autres pays africains et s’il met la Tunisie, qui agit par ailleurs avec l’Algérie et l’Égypte, dans la boucle des pourparlers onusiens pour la résolution du conflit libyen. Macron est en rupture avec les stratégies traditionnelles. Il s’est éloigné du schéma de l’Union pour la Méditerranée (UPM), promue par Nicolas Sarkozy, et propose une coopération méditerranéenne avec un nombre plus limité de pays, dont ceux du Maghreb, avec la participation de la société civile.

Au cœur de cette construction d’un espace entre l’Europe et l’Afrique se trouve le couple franco-tunisien, « une relation fiable en Méditerranée ». En filigrane, la question de l’immigration est omniprésente. Le président français l’aborde sur le long terme et rompt avec les approches classiques qui consistent à donner des moyens pour surveiller les côtes et renforcer le contrôle aux frontières. Il mise sur la formation donnée aux nouvelles générations pour freiner la migration.

Un futur hub d’enseignement?

Avec la remise en selle de la langue française, la création d’une université franco-tunisienne pour l’Afrique et la Méditerranée, il entend faire de la Tunisie un hub d’enseignement, de formation et de culture, mais aussi un sas pour une émigration choisie qui ne dit pas son nom. Il fait reposer ce dispositif sur les capacités de la Tunisie en matière d’enseignement et de nouvelles technologies. Il rompt encore une fois avec les approches classiques, mise sur le partenariat public-privé et promeut une nouvelle génération de Tunisiens, dont celle issue du réseau de l’Association des Tunisiens des grandes écoles (Atuge).

En mettant en avant les capacités du secteur numérique, Emmanuel Macron projette la Tunisie dans le futur et en oublie le tissu industriel, essentiel à structurer le pays. Mais sa promenade dans les souks de Tunis aura été plus porteuse pour le tourisme que toutes les campagnes publicitaires et tous les discours sur la sécurité

Par Frida Dahmani - Source de l'article Jeune Afrique

L’UE fournit près de 317 000 euros pour soutenir les agriculteurs de Cisjordanie

EU Neighbours South

L’Union européenne a apporté sa contribution à l’Autorité palestinienne (AP) pour soutenir les agriculteurs et les entreprises agricoles palestiniens en Cisjordanie. 

La contribution a été affectée au programme de l’AP intitulé « Aide à l’agriculture en Cisjordanie » (Assistance to Agriculture in the West Bank – AAWB), pour un montant de 317 000 euros.

Les bénéficiaires éligibles sont les agriculteurs et les entreprises agricoles de Cisjordanie directement touchés par l’occupation israélienne, en particulier les agriculteurs des zones B et C. Cet appui aidera les agriculteurs à redémarrer, réparer ou remplacer leurs entreprises endommagées par le biais de différentes activités, notamment l’acquisition de fournitures agricoles, la remise en état des terres et d’autres petits travaux d’infrastructure.

Grâce à ce programme, l’UE soutient 42 agriculteurs dans les gouvernorats de Naplouse et de Salfit. Le nombre total d’agriculteurs bénéficiaires du programme s’élève à 61 en Cisjordanie.

L’enveloppe financière globale du programme d’aide à l’agriculture en Cisjordanie (AAWB) s’élève à 7 millions d’euros. Celle-ci devrait profiter à environ 450 bénéficiaires éligibles en Cisjordanie, l’accent étant mis sur la zone C. Le programme est géré par le ministère palestinien de l’agriculture.

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Égypte : les ambassadeurs de l’UE rencontrent le président du Parlement et conviennent de renforcer la coopération

EU Neighbours South

Le chef de la délégation de l’Union européenne (UE) en Égypte, l’ambassadeur Ivan Surkoš, et les ambassadeurs des États membres de l’UE ont rencontré aujourd’hui le président du Parlement égyptien, Ali Abdel Aal. 

Les participants ont abordé des questions d’intérêt mutuel et discuté du renforcement de la coopération dans le domaine parlementaire.

Dans son allocution, l’ambassadeur Surkoš a souligné le partenariat stratégique entre l’UE et l’Égypte, en déclarant que la stabilité et le développement durables du pays étaient essentiels pour l’ensemble des Égyptiens, pour toute la région, ainsi que pour l’UE et ses États membres.

Après sept ans, l’année 2017 a vu la tenue du Conseil d’association UE-Égypte et l’adoption des nouvelles priorités du partenariat dans un esprit de coopération et d’engagement renforcé entre l’UE et l’Égypte. « Nous reconnaissons que le pays entreprend d’importantes réformes économiques et nous sommes déterminés à soutenir l’Égypte à cet égard », a déclaré M. Surkoš.

L’aide de l’UE à l’Égypte s’élève actuellement à plus de 1,3 milliard d’euros sous forme de subventions. En tenant compte des subventions, des prêts et des échanges de dettes des États membres de l’UE et des institutions financières européennes, ce chiffre passe à 11 milliards d’euros, ce qui fait de l’UE le premier bailleur de fonds de l’Égypte.

Le chef de la délégation de l’UE a souligné le rôle proactif important que joue le Parlement dans l’adoption de la législation et la responsabilisation du gouvernement. « L’UE a une longue expérience en matière de soutien aux échanges parlementaires dans la région et elle peut certainement apporter une valeur ajoutée à la transition démocratique de l’Égypte. »

La démocratie et les droits de l’homme font partie intégrante des priorités du partenariat convenues conjointement avec l’Égypte. L’ambassadeur Surkoš a insisté sur le fait que des élections crédibles et transparentes étaient cruciales pour le renforcement et la consolidation des institutions démocratiques en Égypte comme ailleurs.

Pour en savoir plus
Délégation de l’Union européenne en Egypte - Site internet

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L’accord de pêche UE-Maroc bouscule la politique extérieure de l’UE

Un jugement de la CJUE sur l’accord de pêche avec le Maroc pourrait mettre en cause l’avenir de la politique extérieure de l’UE.
Jeanne Laperrouze consultante en affaires européennes. Elle est diplômée de l’école doctorale de l’Institut de Recherche en Droit Européen, International et Comparé de l’Université de Toulouse (IRDEIC)
Début janvier, la Commission européenne a proposé d’ouvrir des négociations dans le but de renouveler le protocole sur l’accord de pêche entre l’UE et le Royaume du Maroc qui arrive à échéance le 14 juillet 2018. L’accord autorise des navires de pêche européens à exploiter certaines ressources maritimes au large du territoire marocain en échange d’une compensation financière. Rien ne semblait faire douter du succès de ces négociations, lorsque le 10 janvier, l’Avocat général Melchior Wathelet a rendu des conclusions dans lesquelles il propose à la Cour de Justice de l’UE (CJUE) d’invalider le protocole du fait qu’il s’applique au Sahara occidental, un territoire qu’il juge « occupé » illégalement par le Maroc. Des conclusions aux implications lourdes de conséquences pour l’avenir de l’accord de pêche, mais aussi pour celui de la politique extérieure de l’UE.
L’affaire concerne une question soumise à la CJUE par un tribunal britannique suite au dépôt de plainte par Western Sahara Campaign (WSC), une association plaidant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Il est demandé à la CJUE de répondre à trois questions : la Cour elle-elle est compétente pour apprécier la légalité des accords internationaux conclus par l’Union ? Une association telle que WSC est-elle habilitée à contester la légalité de l’accord de pêche ? L’accord de pêche est-il légal du point de vue du droit européen.
C’est la première fois que le juge européen est saisi pour une question visant des accords internationaux, c’est dire l’importance du précédent que sa décision, attendue le 27 février, pourrait créer. Plusieurs arguments s’opposent cependant aux conclusions de l’Avocat général. Un rappel de certaines bases du droit international et européen est nécessaire pour faire la lumière sur ce cas.
D’après les Traités européens, la CJUE ne peut être saisie que préalablement à la conclusion d’un accord international. D’autre part, et aussi surprenant que cela puisse-t-il paraitre pour les non-juristes, seuls les sujets du droit international, à savoir les Etats et les organisations habilitées à signer des accords internationaux (ONU, UE…), peuvent annuler un accord international et en dénoncer les termes devant une Cour. Western Sahara Campaign ne peut donc pas attaquer la légalité de l’accord liant l’UE et le Maroc, ni la CJUE l’annuler.
Un autre problème dans le raisonnement de l’Avocat général Wathelet est celui de la qualification du Maroc de « puissance occupante ». Quel que soit la légitimité que l’on accorde à la présence du Maroc au Sahara occidental, ce dernier est considéré par les Nations Unis comme un « territoire non autonome », une nuance subtile pensera-t-on, qui signifie pourtant que l’ONU n’y reconnait aucune puissance étatique. Il serait dangereux de penser que la Cour de Justice de l’Union puisse soudainement requalifier une situation très complexe et ainsi se substituer au Conseil de Sécurité de l’ONU pour résoudre un conflit vieux de plusieurs décennies, alors même que la position des capitales européennes sur la question reste incertaine.
Enfin, l’Avocat général place dans son argumentaire les droits de l’Homme au-dessus de tout accord international, en particulier celui du droit des peuples à l’autodétermination. Un noble principe en apparence qui pourrait, s’il était dorénavant appliqué, menacer la négociation d’un nouvel accord de pêche avec le Maroc, mais aussi de tout autre partenariat avec de nombreux pays, tels que la Turquie ou l’Arménie.
En d’autres termes, ce serait prendre le risque de priver l’UE de toute manœuvre dans sa politique extérieure en l’empêchant de conclure des traités avec des pays peu respectueux des droits de l’Homme. Des politiques entières (politique de voisinage, accord de Cotonou) s’en verraient compromises alors que leur principe même est de faire progresser les partenaires de l’UE vers les valeurs démocratiques.
Par Jeanne Laperouzze - Source de l'article Euractiv

Le Brevet européen désormais valable en Tunisie

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L’accord de validation entre l’OEB et la Tunisie est entré en vigueur le 1er décembre 2017. Depuis cette date, un brevet européen a la même valeur en Tunisie qu’un brevet national tunisien.

« Cet accord apporte des avantages significatifs en améliorant l’attractivité de l’économie tunisienne. Les entreprises et les inventeurs d’Europe et du monde entier pourront étendre facilement la portée de leur protection par brevet à la Tunisie, qui est un marché en croissance. En complément, un programme privilégié de coopération technique sera signé avec l’Office tunisien permettant à celui-ci de se concentrer sur le développement de l’innovation en Tunisie » a indiqué Benoît Battistelli, ancien Président de l’OEB.

De son côté, la Directrice générale de l’Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle de Tunisie (INNORPI), Madame Amel Ben Farhat, estime que « cet accord s’intègre parfaitement dans l’esprit et les directives du plan national de développement 2016- 2020 qui vise à transformer une économie à faible valeur ajoutée en un hub régional, par la promotion de normalisation et de la propriété industrielle (INNORPI) de Tunisie, et Benoît Battistelli, Président de l`Office européen des brevets (à la date de l’accord en 2014) l’investissement et l’amélioration du climat des affaires, par l’amélioration des capacités d’exportation et par le renforcement de l’intégration dans l’économie globale ».

Madame Ben Farhat a souligné que « le système de validation contribue aux efforts tunisiens pour rapprocher le marché national et le marché européen ».

L’accord de validation avec la Tunisie, le troisième après ceux déjà en vigueur au Maroc et en République de Moldavie, porte à 43 le nombre de pays où une invention peut être protégée par la seule procédure européenne d’examen et de délivrance. Le brevet européen couvre ainsi un marché de plus de 700 millions d’habitants.

(Communiqué officiel de l’OEB)

Source de l'article Invention Europe

Xavier Driencourt se dit impressionné par le dynamisme des entreprises algériennes

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Le marché algérien « n’est pas simple à appréhender », affirme Xavier Driencourt, ambassadeur de France en Algérie, dans un entretien publié dans le dernier numéro de la revue Partenaires.

« Soyons honnête, le marché algérien n’est pas simple à appréhender, il faut se donner du temps, se rendre sur place, rencontrer ses partenaires commerciaux ou futurs co-investisseurs. Les liens humains sont importants et souvent déterminants dans la réussite d’une relation d’affaires en Algérie », explique M. Driencourt dans un entretien à Partenaires, la revue de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF).

ncourageant les investisseurs français à se rendre en Algérie, M. Driencourt affirme que « de nombreux acteurs institutionnels ou privés sont là pour accompagner les premiers pas des entreprises françaises sur le marché algérien ».

« De mes différents contacts avec le monde de l’entreprise, je comprends que le marché algérien possède, à l’échelle régionale, un potentiel inégalé dans de nombreux secteurs qui restent à développer, je pense au tourisme, mais également à l’agriculture et puis évidemment aux énergies renouvelables et au numérique », ajoute-t-il.

À propos justement du numérique, l’ambassadeur estime qu’en Algérie, « il y a beaucoup de talents dans ce domaine, des jeunes pousses innovantes et dynamiques qui ont besoin d’être accompagnées ».

Il rappelle à ce titre que Xavier Niel, qui accompagnait le président Macron lors de sa dernière visite en Algérie, a proposé aux autorités algériennes de développer sur le modèle de l’École 42 à Paris, une école de formation aux métiers du digital à Alger.

Concernant les outils à mettre en place pour sensibiliser les entreprises françaises à venir investir en Algérie, M. Driencourt évoque la proposition faite par le président Macron aux autorités algériennes concernant la mise en place d’un fonds franco-algérien de soutien aux PME. « Nous ferons des propositions très rapidement à la partie algérienne pour amorcer le dialogue sur ce sujet », révèle-t-il.

En outre, M. Driencourt ne manque pas d’éloges sur les entreprises algériennes pleines de « dynamisme » et d’ « esprit d’initiative ».

« Il y a bien sûr ces grands groupes très diversifiés comme Cevital ou Condor, qui ont une base industrielle impressionnante et qui participent au rayonnement de l’Algérie hors de ses frontières. Et puis, il y a ce tissu très dense de PME et de TPE souvent familiales sur tout le territoire. Je suis souvent frappé lorsque je rencontre ces entreprises à Alger ou en déplacement dans les différentes wilayas du pays, du dynamisme et de l’esprit d’initiative de ces entrepreneurs qui se développent, innovent et sont de plus en plus ouverts sur le monde ».

Source de l'article TSA Algérie